A bras-le-corps, la plâtrière éditions, 2012

abraslecorps

‘Je donne mon corps à l’art et à l’étude de l’art. Voilà qui est dit.’

Avant-propos
Ce texte aurait pu avoir pour titre Autoportrait d’un modèle. Mais il s’agit d’une histoire de corps – tête incluse, oui. Il aurait fallu donc spécifier « autoportrait en pied ». C’est l’autoportrait en pied d’un modèle.
Modèle est pris ici dans un sens plus large que celui communément admis du modèle qui pose pour un peintre. Il ressemble plutôt, en bien des points, à celui avec lequel travaille Robert Bresson. Le cinéaste préférait le mot de modèle à celui d’acteur. Pour lui, le modèle est une personne vraie, qui ne joue personne, dans l’être avant tout, et dont le mouvement va du dehors vers le dedans. (Il l’oppose ainsi au paraître et au mouvement de l’acteur, du dedans vers le dehors.)
Il se trouve que mon travail d’artiste-performeur, dont je parle également ici, suit cette même direction. Il est en correspondance avec mon travail de modèle. Ces deux activités, qui tissent mon quotidien depuis de nombreuses années maintenant, sont en effet liées. Je n’avais aucunement envie de parler de l’une sans parler de l’autre, d’exclure l’une au profit de l’autre. Et je ne pouvais pas non plus ne pas parler de moi. J’ai donc opté pour un essai intime.
Au fil des lignes et des allers et venues, des points et des ponts se dessinent. Il est question de présence, de nudité, de représentation, d’exhibitionnisme, de don, d’engagement, de temporalité, d’immobilité, de cloisonnement, d’entre-deux.
Je décris le déroulement des séances de pose, me penche ensuite sur mes œuvres plastiques et performatives, questionne mon rapport au travail, à l’action.
Ceci est un manifeste. J’y expose ma position, individuelle, collective, esthétique et politique. C’est un témoignage, avec tous les sens et contresens inhérents à n’importe quels parcours et point de vue. Hormis le fait qu’il décrive à grands traits des activités complètement méconnues, j’espère qu’il viendra alimenter chez chacun le désir de trouver sa propre ampleur. C’est ce qui me tient le plus à cœur. Il est essentiel d’avoir cette force, pour soi, pour le vivre-ensemble, et pour échapper à toutes les sortes de manipulations, conscientes et inconscientes, et d’idées reçues qui parsèment notre quotidien.
J’aime l’idée de transmission. Cette transmission, c’est le moment même de l’acte de la pose, celui de l’acte de la performance. C’est ma position, mon travail artistique. C’est l’écriture de ce texte.
J’aime les mots. Et j’aime le silence.
J’aime beaucoup le silence.
Paris, 2011

Maria Clark, À bras-le-corps, La plâtrière éditions, 72 pages, 10 euros.

À commander chez votre libraire!

Ou par correspondance. Envoyer un mail à la.platriere@yahoo.fr 

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